LA TECHNIQUE
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bouton navette Tisser... oui ! mais quoi ?
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En règle générale , pour faire drôle ou curieux, tout ce qui est un peu long, souple ou rigide est tissable. A partir du moment où on peut emprisonner un objet naturel ou travaillé dans la chaîne d'un métier à tisser quelconque, et que cette association tienne un moment, si ne n’est du tissu, c’est en tous cas tissé.

le rouet

le Tisserand

au ROUET (air connu)

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On peut d’ailleurs, avec autant d’ironie, imaginer combien de toisons et fibres en tous genres ont été triturées, battues, roulées ... avant que nos ancêtres trouvent la bonne bête, la bonne plante, la bonne fibre avant de la condamner à être « matière textile ».


Quand j’ai démarré ce travail, jeune et avide d’expériences bizarres, il m’est arrivé de tisser du papier journal, des barbes de maïs, des branchages tendres et même des bandes magnétiques de K7 de 120 minutes où j’avais enregistré des Poèmes de Baudelaire, Rimbaud et même Mallarmé etc… c’était amusant, conceptuel « quelque part », et cela à fini en luminaires. N’oublions pas qu’à une époque très proche, dans nos campagnes, quand rien ne se perdait, on coupait en rubans les vieux tissus et on les retissait, ça s’appelait la « Lirette  ». Cela donne de très belles serpillières ou des petites carpettes très colorées qui sont d’ailleurs toujours en vente, comme produit d'un folklore scandinave ou autres.

Je connais des consœurs qui réalisent avec brio des tapisseries de végétaux naturels, bruts, d’une grande poésie.
Dans les années 60-70, des créateurs de renom (Grau-Garriga), voulant sortir la traditionnelle tapisserie de son, non moins traditionnel, mur (sans doute dans l’élan du « Bauhaus »), utilisaient divers matériaux qui sortaient du fond, donnant à l’œuvre une véritable allure et vitalité de bas relief.

Cette recherche continue aujourd’hui chez certains qui « brutalisent » avec amour le concept de la « tapisserie ».
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Plus classiquement, traditionnellement, on trouve les matières textiles naturelles sur les toisons ou productions animales (laines, poils, soies), les fibres ou fleurs végétales  (lin, chanvre, coton, sisal, ramie, raphia…), et depuis le siècle dernier la grande famille des fibres de synthèse, prouesses de triturations chimiques (viscose, nylon, polyuréthanes…), sans compter sur les plus récentes, aux performances impressionnantes, ni celles à venir qui vont nous chauffer, chanter ou clignoter de mille couleurs et servir d'écran de télé... !

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Pour être clair, expérience faite de l’usage de certaines fibres synthétiques et parce que je suis en contact tactile constant avec les matières que je tisse, j’ai abandonné le tissage de matières « non naturelles ».

En effet la sensation du « toucher » entre le synthétique et le naturel est complètement différent, l’une est fuyante et morte, l’autre s’apprivoise, est vivante, pas toujours facile, mais on discute, on peut travailler ensemble avec plaisir. Et puis cela tombe bien, c’est plus conforme à mes idées sur l’environnement. Il m’arrive cependant, de travailler ponctuellement, pour obtenir un effet, avec des viscoses ou des polyamides.

cocon
des Cocons

viscose

Mohair en pelotes
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Ce parti étant pris, le fond de nos créations est plutôt issu du tissage de laines et mohairs, des bourrettes de soies naturelles, des mélanges de cotons-soies, ramie-soies, lins-coton, sous différentes formes, les fantaisies de filatures ne manquent pas.

Avant d’être choisie, il faut qu’une matière nous parle et qu’il s’en dégage naturellement un projet possible.

Bobines de SOIE
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Nos fournisseurs sont encore des filatures françaises, du nord, du centre et du sud-ouest. Elles nous assurent un nuancier et un choix de matières important, ainsi que la certitude que les normes Européennes, concernant la chimie des coloris, sont respectées.

Si besoin est, très ponctuellement (c'est-à-dire pour de petites quantités), nous pouvons « carder » des laines et mélanger des couleurs, les filer au « rouet ».

Quelques années durant, nous avons, avec plaisir, tissé une fine soie (retors 4 bouts de 20/22 deniers) provenant de soyeux lyonnais ou italiens et un peu de "La Maison des Canuts" à Lyon dont je recommande la visite. J'avais spécialement demandé à Mr Jean MASCAUX de me construire un de ses fameux métiers à tisser créés à partir de plans lyonnais (d'avant, avant Jacquart). Ce fut une expérience remarquable, provisoirement abandonnée devant la difficulté de trouver la matière première voulue et le temps qu'il me faudrait pour ... La Soie est un "monde" à part ! Mais je n'ai pas dit mon dernier mot et compte bien m'y remettre, un jour. Ce fut la partie "prestige" de notre atelier. Ceci explique pourquoi notre collection actuelle ne montre pas de pièces de soies fines (chaîne et trame). Patience!

La plupart de nos créations allient facilement diverses matières premières afin d’obtenir des effets de contrastes et de luminosités différenciées sur la même pièce d'étoffe.

 

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